Se montrer plus pour mieux se cacher
Le concept d’identité numérique et l’idée que nous avons tous une existence sur le web commencent à être de mieux en mieux perçus. Regarder ce qui sort lorsque l’on tape dans un moteur de recherche le nom d’une personne que l’on va rencontrer donne généralement de bonnes indications sur cette personne. A terme, il est clair que ce sera devenu un réflexe avant un entretien d’embauche, un rendez-vous professionnel, ou une soirée au club échangiste (euh, non, pardon, là c’est pas la peine…), etc.
Là où ça se complique, c’est que autant je donne des informations exactes sur ma carte d’identité, autant je ne maîtrise pas mon identité numérique. Je ne peux pas obliger les gens à dire du bien de moi et encore moins influencer l’algorithme de Google pour qu’il fasse ressortir mon meilleur profil en premier.
Tous les jeunes qui ont un skyblog et qui y mettent leurs photos de biture ne doivent pas imaginer que rien ne s’oublie sur Internet (essayez la WayBack Machine sur quelques sites pour vous faire une idée). Et au moment où ils vont passer des entretiens d’embauche dans quelques années, j’imagine qu’ils préféreraient que ces photos soient oubliées.
De là vient le concept “d’extimité“. Pour bien le comprendre, dites vous que c’est comme l’intimité mais avec le préfixe ex-. En gros, il s’agit de publier le maximum de choses sous son nom sur Internet. Ainsi, on met en avant ce qu’on souhaite que les autres voient de nous et ça permet noyer ce qu’on veut cacher dans la masse. Finalement, c’est la manière la plus simple de protéger son intimité sur Internet.
Bon, je vous vois venir, c’est pas très romantique tout ça, on est pas de la lessive pour laquelle il faut faire de la pub. Mais comme dirais l’autre, “tu t’es vu quand tu bu ?”